#220 – L’ennui en forêt, un vrai plaisir

ennui en forêt

Il m’arrive parfois de marcher en forêt sans projet, sans rien attendre en retour.  Je marche parce que le chemin est là, et parce que je peux encore y poser mes pas.  C’est alors qu’apparait l’ennui en forêt.  Rien de spectaculaire au final et cela se manifeste par la répétition car le sentier se prolonge sans surprise, les arbres se succèdent et le paysage varie à peine. Et je ressens cette impression familière : celle d’un temps qui ne promet rien. 

Autrefois, j’aurais voulu combler ce vide. Aujourd’hui, je continue et j’accepte que ce moment n’ait rien à offrir, et pourtant je découvre que cette absence même mérite d’être vécue.

L’ennui n’est pas dans la forêt, il est en moi

Je comprends rapidement que l’ennui ne vient pas de la forêt car il m’appartient. Il est le produit d’une exigence intérieure : celle qui veut que chaque instant me soit utile, rempli et porteur de sens.

ennui en forêt

Dans la vie ordinaire, l’ennui est considéré comme un défaut. Il appelle une activité, une distraction, une justification. Il faut faire quelque chose de ce temps, sinon il semble perdu. En forêt, cette logique s’effondre car rien ne vient répondre à cette attente.

Alors mon esprit s’agite et il cherche une pensée, un projet, une raison valable de marcher. Mais la forêt ne coopère pas, ne me propose rien car elle existe sans me consulter et je reste là, face à ce qui ne demande pas mon avis.

La forêt comme apprentissage de l’immobilité intérieure

Je regarde les arbres, immobiles, qui vivent dans une durée qui excède la mienne et traversent les saisons sans commentaire.

ennui en forêt

Si je leur prêtai mes pensées humaines, je pourrais dire qu’ils s’ennuient. Mais cet ennui n’a rien d’un manque car il n’est qu’une manière d’habiter le temps. Les arbres ne cherchent pas à accélérer leur croissance, ni ne tentent d’échapper aux périodes creuses, Ils restent.  Je comprends alors que les arbres incarnent une forme d’ennui utile, une immobilité assumée, une présence continue au monde sans attente de récompense.

Et puis à force de marcher, j’accepte l’ennui qui devient une donnée parmi d’autres, comme la terre sous mes pas ou l’air frais sur mon visage. Je ne cherche plus à m’en débarrasser.

Mon corps s’ajuste, mon pas ralentit, ma respiration se régule et rien de remarquable ne se produit. Et c’est précisément cela qui compte, faire l’expérience d’un temps qui n’exige rien de moi.

Les arbres qui m’entoure confirment cette leçon silencieuse. Ils ne sont pas inactifs, Ils sont présents. Leur immobilité n’est pas un refus de vivre, mais une manière rigoureuse de l’assumer.

L’ennui comme acte de résistance silencieuse

ennui en forêt

L’ennui met à nu une difficulté profonde : celle d’accepter un monde qui ne se justifie pas. En forêt, rien ne vient expliquer ce qui est là et les arbres ne symbolisent rien. Tel le chemin qui ne mène à aucune révélation et le silence qui n’est porteur d’aucun message caché.

Je comprends alors que l’ennui est une épreuve de lucidité qui m’oblige à renoncer aux faux sens, aux récits consolants et aux interprétations ajoutées pour me rassurer. Cela me place face à un monde qui existe sans se soucier de mon besoin de comprendre.

C’est une confrontation claire qui me libère de l’obligation de croire que tout doit signifier quelque chose pour être vécu pleinement.

En acceptant l’ennui, je m’aperçois que je résiste à quelque chose. Non pas bruyamment, non pas par opposition déclarée, mais par retrait. Je résiste à l’injonction permanente d’être occupé, productif, réactif.

Les arbres deviennent alors un modèle car ils ne protestent pas et ne s’adaptent pas aux rythmes imposés. Ils tiennent leur place, leur immobilité est une fidélité, et en restant là ils opposent au monde rapide une durée qui ne cède pas.

La dignité de l’instant ordinaire en forêt

À mesure que je cesse d’attendre, l’ordinaire reprend sa place. Le sentier banal, les troncs alignés, la lumière sans éclat ne produit rien de spectaculaire et pourtant, tout est là.

Je découvre que l’ennui rend à l’instant ordinaire sa dignité en le libérant de l’obligation d’être exceptionnel. Ce moment n’a pas besoin d’être mémorable pour être réel car Il suffit de le vivre.

ennui en forêt

La forêt m’apprend cela sans le dire car elle ne cherche pas à séduire. Elle ne promet rien et se tient dans une présence simple, répétitive, presque pauvre, et c’est précisément cette pauvreté qui la rend habitable.

C’est dans cet état que quelque chose devient possible, non pas comme une révélation, mais comme une attention plus fine. Je remarque ce que je n’aurais pas vu en cherchant à m’occuper, une racine affleurante, une variation de lumière sur l’écorce, un léger infléchissement du sentier. Rien d’exceptionnel finalement, mais ces détails prennent une densité nouvelle car ils existent pleinement.

Je comprends alors que la découverte ne vient pas toujours du mouvement, mais parfois de l’arrêt intérieur.

Marcher en forêt sans objectif : un rituel sans promesse

Si vous voulez marcher avec l'ennui alors choisissez un sentier ordinaire et laissez derrière vous ce qui pourrait vous distraire.

Marchez un temps donné, sans objectif jusqu’à ce que l’ennui apparaisse.  Ne le combattez pas, arrêtez-vous parfois près d’un arbre et regardez-le. N'attendez aucun message car il ne vous enseignera rien sauf qu’il est là.

Reprenez votre chemin ensuite et vous verrez que rien n’a changé extérieurement. Et pourtant, vous avez profité d’un moment de vie qui ne cherchait pas à vous convaincre.

ennui en forêt

En Conclusion 

En quittant la forêt, je n’emporte aucune certitude, aucun sens nouveau et pourtant, quelque chose demeure.

Les arbres m’ont appris cela sans paroles, et leur immobilité, leur patience et constance incarnent une manière d’habiter le monde sans l’expliquer.

Je continue à marcher sans en attendre davantage parce que parfois, consentir à l’ennui est une forme de fidélité au réel.

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À bientôt, Eric

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