« Esprit sain Corps sain » – L’Aunkai

Esprit sain et Corps sain

Bonjour à tous et bienvenue sur ce nouvel article dans lequel je vais vous présenter la découverte d’une activité physique qui m’a transcendé.  Si vous visitez ce blog régulièrement vous savez que mes articles traitent de la relation que l’on entretien avec son Soi profond pour se sentir Zen & Relax.  Cette relation est ce que j’appelle la triangulation de Soi, c’est-à-dire travailler sur son Corps, sur son Âme et sur son Esprit.  Travailler sur son Corps implique une activité pour canaliser nos énergies physiques afin qu’elles puissent s’aligner avec le principe « Esprit sain Corps sain ».  C’est ce que j’ai découvert il y a quelques semaines au travers de la pratique de l’Aunkai qui est un dérivé des Arts Martiaux Japonais et Chinois.

Il existe beaucoup de pratiques différentes pour connecter son corps et son esprit, notamment le Yoga, les arts martiaux, diverses gymnastiques qu’elles soient occidentales ou orientales.  Enfin de compte de nouvelles méthodes surgissent régulièrement avec son lot de de Yogi – Guru – Maître et je ne sais quel spécialiste qui se revendique détenir la vérité vraie et absolue.  Il est certain que les réseaux sociaux sont un véritable boulevard pour s’autoproclamer et trouver de nouveaux adeptes.

Pardon et je m’excuse car j’y vais un peu fort car tous ne sont pas des arrivistes !  

La majorité d’entre eux détiennent une technique et une connaissance qui peut faire du bien à leurs élèves.  C’est d’ailleurs le cas pour l’Aunkai que j’ai découvert en discutant avec un ami au sujet d’équilibrer le corps et l’esprit pour qu’ils soient sains.  Et c’est ainsi qu’il m’explique les principes de cette nouvelle discipline souple et introspective.

Alors je m’inscris pour un stage découverte de deux jours … et moi qui était plutôt sceptique sur ces nouvelles formes d’exercices physiques et spirituels … j’ai dû ravaler mon chapeau !  Ce fut une vraie claque et une découverte transcendante.

Alors comment vous décrire l’Aunkai ?

esprit et corps aunkai

Enfin de compte les mots me manquent et le mieux serai de vous orienter vers le site de cette discipline et vers le seul livre qui existe en français. Mais pour vous donner envie d’aller vous renseigner plus en profondeur voici ci-dessous quelques éléments d’explications tirés de mon expérience et du livre “Introduction au Bujutsu Aunkai” (Independently published, 2018, 140 pages) par Ksiazkiewicz, Christophe l’un des maître de la discipline en France que vous pouvez retrouver sur Laquetedekiaz.com ou Aunkaibunutsulyon.com.

Principe de l’Aunkai – « Esprit sain Corps sain »

L’Aunkai est une discipline développée par Minoru Akuzawa, un maître en arts martiaux japonais et chinois.  Voici comment il décrit sa discipline (Extraits du livre Introduction au Bujutsu Aunkai):

L’Aunkai exploite toute l’étendue de la conscience et du corps. Il a également un rôle d’outil pour la compréhension du mouvement.  Une personne normale n’y verra qu’un simple déplacement ou une forme, elle n’y croira pas !  En réalité, le plus important est qu‘il y a une vérité dans ce que les yeux ne voient pas (l’intérieur du corps ou encore la conscience de son système nerveux).

Élargir son horizon, c’est assembler c’est que l’on possède en soi. Cela permet que mon mode de vie prenne un sens. 

Il s’agit de ce que l’être humain réalise, c’est la raison pour laquelle la compréhension du corps, l’entraînement et l’intériorisation de cette compréhension sont très importants. C’est ainsi que par ma réflexion et mon travail est né le système d’entraînement de l’Aunkai. Les techniques s’enclenchent dans un processus de progression et de recherches. L’Aunkai pourrait alors se définir comme : « Emprunt de techniques d’arts martiaux japonais traditionnels et de bases chinoises pour la création d’un corps adapté aux applications martiales. » 

Mais enseigner ne se résume pas uniquement à transmettre ce qu’on nous avons appris auparavant. Nous transmettons également notre manière de voir le monde, notre sensibilité et tout ce que nous sommes nous-même en train  d’étudier. 

Tout le monde pense que l’on ne devient fort qu’en s’entraînant très durement, ça je ne le pense pas ! 

Il y a une expression qui montre bien l’esprit des Bujutsu à l’origine « ce n’est pas la façon de faire qui est importante, mais la façon d’être ». 

La syllabe Aun de Aunkai provient du sanskrit. Elle décrit le début et la fin de tous les phénomènes naturels.  Cela s’apparente un peu à la notion de Yin-Yang dans la culture chinoise. Par exemple, lorsqu’on débute un apprentissage, cela n’a jamais de fin, les choses s’entremêlent et continue toujours à apprendre. C’est pour cela que j’ai choisi ce nom. 

Si je devais résumer la philosophie de l’Aunkai, ça ne serait pas vraiment une accumulation d’expériences, ni de savoirs, ni de tout autre chose.  Ce serait plutôt essayer d’aller à l’essentiel, dans une logique de se rapprocher du « simple ». Enlever le superflu, en créant de l’espace dans son corps et dans sa tête, pour rester libre et rester soi-même. 

On me demande souvent si c’est un art martial interne.  Comparé aux autres pratiques sportives qui visent essentiellement à développer le corps de façon externe, la réponse est oui.  Cela prend du temps pour avoir le contrôle de son corps, mais au travers de diverses expériences, seul ou avec des partenaires, on se focalise sur la prise de conscience de ce côté interne. 

« Simple is deep » – la simplicité, c’est la profondeur. 

Ksiazkiewicz, Christophe, « Introduction au Bujutsu Aunkai: l’école du Maître Akuzawa », (Independently published, 2018, 140 pages)

Comment se pratique l’Aunkai pour le corps et l’esprit

L’Aunkai se pratique seul dans un premier temps et puis en groupe avec un partenaire par la suite.  La discipline comporte 6 mouvements qui permettent de trouver son axe interne et profond, en quelque sorte son Soi primordial.  Voici comment l’Axe est décrit par Christophe Kiaz qui a écrit le livre sur l’Aunkai :

L’axe principal, représenté habituellement par le rachis est en réalité, l’axe gravitaire. Une force verticale qui traverse notre corps en son milieu. Il forme une condition d’équilibre idéal qui permet d’aboutir à l’économie posturale. Se tenir debout avec le moindre d’effort et être prêt à exécuter tout mouvement. Car c’est la posture qui conditionne le geste. 

Trouver son axe n’est pas facile et c’est un réel travail physique et introspectif.  Avec persévérance et recherche intérieure on y arrive en mettant en œuvre les 6 exercices que je vous retranscris du livre.

Exercice 1 – l’exercice du pendule.  

Il s’agit, depuis la station debout, jambes écartées de la largeur d’épaules de se laisser pencher en avant puis en arrière, d’une manière progressive, en essayant d’aller de plus en plus loin. Le but est de s’arrêter et de maintenir la position à la rupture du déséquilibre.  Relâcher la pression permet au corps de revenir à sa position initiale, puis de repartir dans le sens opposé. 

Toute notre attention se portera sur ces trois limites ; déséquilibre avant, la position neutre et stable et le déséquilibre arrière.  Le corps se balance tel un pendule inversé au rythme d’un métronome. Là, on apprécie toute la subtilité de la station debout quand les différents segments corporels se réajustent parfaitement les uns sur les autres. Cela permet de garder la position debout sans compensations n’intitules ni dépenses énergétiques superflues. 

Exercice 2 – Maho ⾺歩 

Debout, pieds écartés de la largeur des épaules, reculez le bassin pour provoquer le déséquilibre postérieur. Celui-ci va alors chuter en arrière et vers le bas (sensation de s’assoir sur une chaise). Pour éviter de tomber vers le sol, étendez les bras vers l’avant afin de produire un contrepoids. 

Ainsi nous sommes maintenus dans l’équilibre statique d’une position d’un cavalier. Nous percevons ainsi les lacunes de la partie inférieur de notre corps.  Maintenant, nous faisons tomber la tension de la colonne vertébrale en affaissant la poitrine jusque dans les hanches (les kuas). 

La force inverse provenant du sol remonte à partir des jambes, se connecte depuis le tanden vers les poings en passant par les omoplates. Le fait de faire tomber solidement le poids dans les tibias, forme l’arche et libère le bassin. Paradoxalement, cette position contraignante est la seule, par déconnection des tensions dans le bassin, à libérer les contractions dans les lombaires et à redresser le dos.  

Cette posture développe le corps en lui permettant d’émettre librement la puissance émanant des hanches. Il nous permet de prendre conscience de la relation et de l’arrangement des différents segments corporels. C’est le travail de la construction du cadre, de la structure corporelle. Au travers des alignements articulaires, se créent les connections entre les différentes parties du corps et se forme la structure. 

Exercice 3 – Shiko 四股 

Mains jointes devant la poitrine (gassho), écartez les pieds de la largeur des épaules. Les mains montent le long de l’axe longitudinal jusqu’à la limite de l’extension des bras. Puis ils s’abaissent jusqu’à ce qu’ils soient parallèles au sol. Maintenant les bras effectuent une rotation interne plaçant les paumes des mains vers le sol. 

Mains jointes devant la poitrine (gassho), écartez les pieds de la largeur des épaules. Les mains montent le long de l’axe longitudinal jusqu’à la limite de l’extension des bras. Puis ils s’abaissent jusqu’a ce qu’ils soient parallèles au sol. Maintenant les bras effectuent une rotation interne plaçant les paumes des mains vers le sol. 

La main droite va se placer sous le plexus solaire avec l’intention de porter quelque chose de lourd.  Dans le même temps, le bras s’étire à 45° vers le haut.  Ici la sensation n’est pas de pousser le bras mais de s’étirer comme si quelqu’un nous tirait par les doigts.  Il faut sentir cette liaison qui part du bout des doigts jusqu’au talon de la jambe opposée.  

En poursuivant l’étirement le corps bascule de plus en plus vers le côté. 

Afin d’éviter de perdre l’équilibre on va ouvrir le bras droit à l’opposé du gauche.  La position ainsi obtenu forme une étoile que l’on maintient quelques secondes.

Puis l’on laisse le poids du corps nous ramener dans la position initiale dans un mouvement de chute en suivant la direction du centre de gravité en accompagnant le pied et le poser légèrement comme sur un œuf.

Les pieds bien posés sur le sol, les bras effectuent une rotation interne qui sera accentuée par l’étirement de la nuque et de la tête vers le haut.  Rotation qui se finit par la frappe des paumes des mains entre elles.  Se crée ainsi un étirement avant-arrière en poussant les bras vers l’avant et en reculant le dos vers l’arrière.  Le corps se trouve alors étiré dans les 4 directions :  Haut-Bas-Avant-Arrière.  Les bras se replace sur les côtés et on exécute la forme de l’autre côté.

Exercice 4 – Tenchijin 天地⼈ 

Pieds écartés de la largeur des épaules, joindre les mains devant la poitrine (gassho), en laissant chuter la poitrine en direction du bassin.  Attention à conserver l’auto-grandissement.  De là montez les mains vers le haut et étirez le corps vers le ciel.  Quand l’extension est totale ouvrez les bras en forme de Y (45° de l’axe vertical) en fléchissant les poignets de façon à placer les paumes horizontalement vers le ciel.  A cette instant cette forme de corps donne l’impression que l’on porte le ciel pensez à relâcher les épaules et à laisser tomber le haut du corps dans le bassin.

Alors dans un mouvement descendant, les bras effectuent une rotation interne pur se stabiliser devant soi toujours étirés et parallèles au sol.  On se retrouve dans la posture Maho avec les mains ouvertes.

En prenant conscience des liaisons du corps grâce aux diverses attitudes et sollicitations corporelles, on prend conscience du passage de la force et de l’équilibre dans le corps.  Puis en expirant, les bras continuent à descendre, toujours étirés, dans un mouvement circulaire jusqu’à ce qu’ils passent derrière l’axe transversal des hanches.  Maintenant ramenez les bras dans la position initiale du départ avec l’intention de se rassembler, de ramasser quelque chose derrière soi.

Exercice 5 – Ashi-age ⾜上げ 

Pieds joints, les bras écartés sur les côtés et parallèles au sol, baissez les épaules et rapprochez dans le même temps les omoplates entre elles.  Une légère tension se alors sentir des deux côtés de la nuque que l’on accentue par un léger retrait de la mandibule.  Cette sollicitation du cou permet l’étirement du rachis cervical.  

Une tension importante au niveau du sternum marque la mise en place de la « première croix ».  Une fois cette sensation bien identifiée, il nous faut maintenant faire tomber « cette croix » dans le bassin.  Ce qui a pour effet de provoquer une compression du bas ventre et la mise en place de la « seconde croix ».  Dans le même temps, tout en veillant à garder le dos droit, nous allons à la fin de la compression, lancer une jambe vers l’avant et vers le haut.  Les appuis au sol soulagés par la formation des deux croix aident la jambe à monter facilement.  On avance alors d’un pas et on recommence avec la jambe opposée.

Exercice 6 – Shintaijiku ⾝体軸 

Debout, les pieds joints et les mains le long du corps.  Levez la main droite au-dessus de la tête, dans l’axe vertical du corps.  Les genoux se plient légèrement, abaissant ainsi la position.  Dans le même temps poussez les bras dans les deux positions opposées.  Comme si vous enfonciez les doigts en même temps dans le ciel et dans le sol.

Cette extension équilibrée (attention à garder les épaules et le bassin parallèles) permet d’étirer le corps dans deux directions opposées provoquant une tension dans le buste.  L’étirement du côté droit, en entrainant le corps permet un pivot sur un plan sagittal, le point de rotation de la jambe droite est le talon.  Ce pivot s’exécute en même temps que les bras exercent une rotation dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, et que le pied gauche, alors libéré avance d’un demi pas, les bras sont tendus de chaque côté du corps. Cette position s’appelle Jigotai (posture naturelle et forte des lutteurs).

En poursuivant la rotation des bras de 45° le corps se positionne en fente avant, le poids est porté sur la jambe avant et le buste est aligné avec la jambe arrière tendue.  La ligne du bras étendu à 45°, du buste et de la jambe qui pousse vers le sol ne fait qu’une seule et même ligne parfaitement dans l’axe du corps médian.  On poursuit la rotation de 45° supplémentaires.  La jambe arrière est alors ramenée par le bassin.  Ce déplacement replace le corps dans la position du départ mais avec les bras inversés prêt à recommencer du côté opposé.

En résumé

L’Aunkai est une de ses nouvelles disciplines qui permettent de trouver le centre physique et introspectif de notre Soi profond.  Cela rentre en complète résonnance avec le principe de la triangulation de Soi pour une activation Corps-Âme-Esprit permettant de se sentir Zen et Relax sur notre chemin de vie, voire l’accès à notre divin.

Discipline développée par Minoru Akuzawa, elle se pratique d’abord seule puis ensuite en groupe.  Elle repose sur 6 exercices principaux qui exploitent toute l’étendue de l’esprit sain et du corps sain pour trouver notre principe primordial.

Ce principe est résumé en quelques mots selon le fondateur comme « Simple is deep » – la simplicité, c’est la  profondeur.

Et vous ?

Rédigez un commentaire pour partager vos exercices de connection Corps-Âme-Esprit.  Qu’est-ce que cela vous apporte et comment les pratiquez vous ?

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Zen et Relax

Merci d’avoir lu cet article jusque sa fin et je vous souhaite d’être :: Zen & Relax :: en trouvant votre axe profond et primordial 🙏

A très bientôt,

Eric BOUF

Crédits photos : Unsplash.com – Denis Agati, illustrations livre “Introduction au Bujutsu Aunkai”

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14 réflexions sur « « Esprit sain Corps sain » – L’Aunkai »

  1. Je ne connaissais pas l’Aunkai donc merci pour cette découverte. Je suis convaincu que nous, occidentaux, avons énormément à apprendre pour notre santé (physique et / ou mentale), des cultures orientales… Pour moi ils ont 1000 ans d’avance ! Merci pour cette belle découverte !

  2. Merci pour cet article, je ne connaissais pas l’Aunkai. En revanche, en tant que pratiquant d’arts martiaux, je partage ton point de vue ! J’aime beaucoup la maxime “Simple is deep”. Mais cela peut demander beaucoup de travail d’atteindre la simplicité 🙂

  3. Merci pour ton retour Eric et partage d’expérience. Il existe en effet une myriade de chemins qui tentent pour certaines, arrivent pour d’autres à nous aider à trouver notre voie dans le chaos environnant. Mais le seul moyen qu’on a pour s’élever, activer une ascension transcendante c’est d’utiliser, comme tu le décris bien, le principe de la triangulation de Soi pour une activation du Corps-Âmes-Esprit. Ce que nous en Aunkai on nomment l’extension pour retrouver notre verticalité et activer ce lien indispensable entre le Ciel et la Terre.
    Au plaisir de pratiquer et d’échanger ensemble.
    Bien à toi.
    Kiaz

    • Merci beaucoup Kiaz pour ton commentaire qui me fait chaud au coeur et à bientôt de te retrouver lors d’un prochain stage dès que je pourrais descendre dans ta belle région.

  4. Bonjour Eric,

    Belle découverte que cette discipline reliée au cosmos !
    De mon côté, j’aime pratiquer l’aïkido, qui est un art martial sans compétition où on travaille en duo, sur nos énergies physiques, mentales, émotionnelles et tellement d’autres…
    J’aime beaucoup la version asiatique du bien être général!
    Merci pour ce bel article 😉 !

  5. Waouw, j’ai adoré ton article.
    D’une part parce que je ne connaissais pas du tout cette discipline et que j’ai donc appris beaucoup de choses mais aussi parce que tu l’expliques de façon claire et simple (et en plus bien illustrée) au point que ça donne très envie de l’essayer!
    Merci!

    • Merci Nadia pour ton commentaire et je te recommande fortement d’essayer, c’est une super expérience à vivre. Il y a des stages qui ont lieu régulièrement, il faut juste vérifier sur le site de l’Aunkai. A bientôt de t’accueillir sur le blog à nouveau.

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